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Ames d’enfants

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Dédiée à ses trois filles, Isaure, Colette et Monique, l’œuvre a été composée en 1918. En dehors de la version orchestrale qui vous est présentée ce soir, Jean Cras en a réalisé deux versions pour piano, l’une pour six mains (six petites mains d’enfants) et l’autre pour quatre mains. Ces pages admirables renouvellent le prodige accompli dans le passé par Schumann  avec ses célèbres Scènes d’enfants,  ou encore Moussorgsky avec Les enfantines. A la tristesse du monde au sortir de la guerre, Jean Cras oppose dans son art un message de beauté, de tendresse et d’amour.. Il dira de cette pièce : « C’est une exploration dans le mystère de ces âmes enfantines, qui contiennent des germes d’enthousiasme et d’émotion, mais qui, ne pouvant se fixer, trop légères, et un instant sérieuses et passives, s’envolent soudain et nous échappent dans un éclat de rire ».

Né à Brest en 1879, fils d’un médecin chef de la marine, Jean Cras ne pouvait être que marin en dépit d’une passion précoce pour la musique et la poésie. En 1901, fait capital, il rencontre et travaille avec le compositeur Henri Duparc qui le considère comme « le fils de son âme ». Ses deux vocations se complètent à merveille, l’inspiration du compositeur se trouvant stimulée par les expériences traversées par le marin, à une époque ou la quête d’un ailleurs, marque distinctive de l’Art nouveau, pousse de nombreux artistes sur les routes du monde. Il meurt prématurément en 1932, alors « qu’il avait sans doute vocation à établir un pont entre l’esthétique française d’avant 1914 et celle des années 1930 ».