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Concerto pour piano n°7 en sol mineur BWV 1058

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Bach eut l’idée d’utiliser le matériau mélodique des concertos (pour cordes ou pour vents) afin de l’adapter au jeu et à la sonorité du clavecin. Quelques années après la découverte du fonds d’archives du duc de Weimar, Bach, alors installé dans ses nouvelles fonctions de Cantor, à Leipzig (entre 1723 et 1750), réalisa plusieurs arrangements. Dans certaines de ses pièces pour orgue, on entend  des phrases extraites de concertos italiens pour violon ou bois. Dès qu’il se mit à transcrire pour l’orchestre, il dut faire appel à de petits ensembles d’interprètes. En 1729, il prit la direction du Collegium Musicum de Leipzig, une organisation de concerts créée par Georg Philipp Telemann (1681-1767). Cette fonction lui assura la présence de musiciens de qualité. Les créations des premiers concertos se déroulèrent dans les lieux les plus divers de Leipzig, y compris dans un café ! Les premiers manuscrits sont datés du début des années 1730. Les matériels sont étonnants car ils prévoient que les solistes improvisent leurs cadences comme le ferait un ensemble de jazz !

Composé très probablement en 1738, à Leipzig, le Concerto en sol mineur est la version pour clavier du Concerto pour violon BWV 1041. La structure de l’œuvre originelle est héritée de l’école italienne avec ses trois mouvements caractéristiques : vif, lent, vif. L’écriture revendique une filiation avec la tradition des Vivaldi, Torelli et Corelli que Bach transposa au clavecin.

Le premier mouvement équilibre à la perfection les passages dédiés au tutti puis au soliste. Mais, à l’inverse des compositeurs italiens, le matériau est considérablement “creusé” dans sa texture polyphonique avec une série de jeux en imitation, caractéristique de l’écriture de Bach.

L’Andante repose sur une basse obstinée et le continuo du clavecin. Dans ce cadre sonore presque austère, le soliste peut à loisir donner l’impression d’improviser les ornementations les plus complexes. L’écriture va bien au-delà de la simple transcription du violon et Bach prend beaucoup de liberté avec l’original.

Le finale, Allegro assai, est une gigue virtuose qui révèle petit à petit le raffinement de son architecture.

A Lire

« Tout Bach » sous la direction de Bertrand Dermoncourt (Editions Robert Laffont, coll. Bouquins, 2009).