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Concerto pour piano et orchestre n°3 “A Far Cry”

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La pâte sonore du compositeur américain Philip Glass est reconnaissable dès les premières notes. On pourrait évoquer les termes de musique répétitive ou bien minimaliste, voire postminimaliste, bien que ceux-ci ne correspondent pas exactement à la volonté de l’artiste. Il compose d’abord pour créer un plaisir auditif, dissimulant la complexité harmonique de ses partitions dans une orchestration de plus en plus concentrée, d’une inépuisable richesse de rythmes, de timbres et de couleurs.

Après un Premier Concerto pour piano “The Tirol” dédié, en 2000, au pianiste et chef d’orchestre Dennis Russell Davies, Philip Glass composa, en 2004, un deuxième opus “After Lewis & Clark”, commande du pianiste Paul Barnes.

Le Troisième Concerto “A Far Cry” – (un cri lointain) – est dédié à son interprète, Simone Dinnerstein. La partition a vu le jour dans des circonstances originales. En effet, c’est au cours d’un petit déjeuner, que la pianiste et le compositeur ont évoqué l’idée de rendre hommage à l’œuvre de Bach. La soliste a proposé, que le concerto qui allait être composé, soit joué “en miroir”, au Concerto en sol mineur de Bach que nous venons d’entendre. Philip Glass a achevé la partition en 2017 et la création de la pièce eut lieu le 22 septembre de la même année, à Boston.

L’œuvre comprend trois mouvements classiques. Quatre cadences sont intercalées entre ceux-ci. On peut à la fois parler d’une pièce de forme baroque, mais aussi d’une expression “romantique” au sens où elle appartient totalement à l’univers du compositeur américain. Lyrique, et d’une grande sobriété, la musique se déploie avec des harmonies étranges et joue de la polyrythmie. Elle marque une évolution dans l’univers minimaliste qui demeure la signature originelle du musicien. Le mouvement final est dédié au compositeur estonien Arvo Pärt, offrant ainsi une dimension plus mystique de la partition.

A lire

« Paroles sans musique » par Philip Glass, autobiographie traduite par Christophe Jaquet (Editions Philharmonie de Paris, 2017).