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Concerto pour violoncelle et orchestre “Never Give Up”, création mondiale

(1970 - )

Depuis plusieurs années, le public entend régulièrement les œuvres du catalogue, déjà conséquent, du pianiste Fazil Say. Il nous propose quelques pistes d’écoute pour découvrir son Concerto pour violoncelle et orchestre composé en 2017 et qui est une commande de l’Institut Culturel Bernard Magrez. La création eut lieu le 3 avril 2018, au Théâtre des Champs-Elysées. La violoncelliste Camille Thomas en était la soliste. Elle était accompagnée par l’Orchestre de chambre de Paris placé sous la baguette de Douglas Boyd.

L’œuvre est en trois mouvements : Allegro assai. Moderato. Adagio. Vivo puis Adagio (tranquillo, élégie). Elle s’achève par une Cadence puis Moderato.

 

Pouvez-vous nous expliquer le sous-titre de l’œuvre, Never give up (ne jamais renoncer) ?

Nous vivons dans un monde dangereux dans lequel les gens semblent de moins en moins vouloir s’écouter et se comprendre. Ce Concerto envoie un message aux Hommes de bonne volonté pour qu’ils combattent les terrorismes, les guerres et qu’ils ne renoncent jamais à la Paix et à la Beauté.

 

Parlez-nous de la soliste, la violoncelliste Camille Thomas…

Camille Thomas est une jeune et très talentueuse violoncelliste. Elle est une remarquable instrumentiste et, plus encore, une musicienne qui possède le sens du chant. Sa virtuosité lui est très utile pour interpréter ce Concerto à l’écriture pour le moins… non conventionnelle ! Il combine en effet différentes techniques qui se déploient dès la cadence.

 

L’immense cadence du violoncelle ouvre d’ailleurs la partition…

C’est en effet un monologue de cinq minutes environ, d’une grande tension dramatique. Le violoncelle exprime le désir de liberté. Le premier mouvement multiplie les contrastes dans des atmosphères de plus en plus exaltées. Ce pourrait être une sorte de poème symphonique. Le second mouvement porte un regard tout à fait différent. J’ai composé cet adagio en songeant aux conséquences du terrorisme. Au début du troisième mouvement, l’orchestre respecte vingt secondes de silence. Suit un mouvement à l’allure de plus en plus soutenue et qui s’achève dans un climat comme improvisé. De la sorte, le finale renoue avec le début de l’œuvre.

 

Peut-on déceler, dans cette partition, l’influence de la culture populaire de votre pays ?

Dans mes œuvres, je ne fais jamais référence explicitement à des mélodies populaires. Mais, je ne peux nier l’influence de ma propre culture. Passe-t-elle par l’orchestration qui valorise, ici, une percussion très colorée ? Je pourrais aussi parler de toutes les influences “classiques” du XXe siècle qui traversent ma musique, allant de Debussy à Ligeti en passant par Bartok et Stravinsky.

 

A voir, le site de Fazil Say

fazilsay.com