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From Israel, suite pour orchestre de chambre

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Ben-Haïm – de son nom d’origine Paul Frankenburger – est issue d’une famille aisée de Munich. Mobilisé sur le front lors de la Première Guerre mondiale, il entama une carrière de pianiste, répétiteur à l’Opéra d’Etat de Bavière, prestigieuse institution dirigée successivement par Bruno Walter et Hans Knappertsbusch puis à l’Opéra d’Augsbourg où il fut nommé chef d’orchestre. En 1933, il quitta l’Allemagne nazie, s’installa en Palestine – alors sous administration britannique – et hébraïsa son nom.

Au contact de nouvelles cultures, dans une terre réunissant tant d’émigrés et de langues, Ben Haïm composa nombres d’œuvres dont certaines furent des commandes passées par Yehudi Menuhin, Leonard Bernstein, Menahem Pressler, Itzhak Perlman, Zubin Mehta… Animateur de premier plan de la vie musicale en Israël, il fut aussi un enseignant remarquable et on compte, parmi ses élèves, le compositeur Noam Sheriff et le chef d’orchestre Eliahu Inbal.

Le catalogue des partitions de Ben-Haïm est imposant. Outre ses pièces pour orchestre dont deux symphonies, il comporte nombre de pièces de musique de chambre, pour le piano et d’œuvres chorales.

From Israel a été composé en 1951, pour orchestre de chambre. La partition se nourrit de matériaux issus des folklores du Moyen-Orient, que Ben-Haïm avait collecté durant les premières années de son installation en Palestine.

On remarque que les pupitres de l’orchestre sont assez réduits dans les cuivres, mais très bien fournis dans les percussions. S’ajoutent une harpe et un clavecin. La présence de ce dernier peut étonner, mais il procure une touche d’exotisme supplémentaire aux côtés de la harpe, les deux instruments étant à cordes pincées.

From Israel est une suite organisée en cinq mouvements : 1/ Prologue. 2/ Chant des chants. 3/ Mélodie Yéménite. 4/ Sieste. 5/ Célébration. Cinq mouvements, cinq atmosphères. Les première et cinquième parties sont ainsi dévolues à la danse, exubérante, la joie dominant sans réserve. Le Prologue s’apparente à une marche triomphante, au rythme puissant avec des couleurs violemment projetées. Ben-Haïm se souvient ici de l’écriture de Béla Bartok. Le Chant des chants offre une mélodie nostalgique et contemplative. Il est porté par le piccolo, la clarinette et le clavecin. La Mélodie Yéménite est une danse allegretto scherzando. Elle est suivie par un bref intermezzo, Siesta. Le finale, est à nouveau une danse scintillante, à couper le souffle et aux timbres raffinés.