Logo_OSB

Quatre Interludes marins (Sea Interludes) de Peter Grimes op.33a

(1913 - 1976)

L’opéra Peter Grimes demeure l’œuvre la plus célèbre de Britten, composé dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Le livret est inspiré du poème The Borough que George Crabbe (1754-1832) écrivit en 1810. L’action se situe dans le Suffolk où s’était établi le compositeur. On y découvre l’histoire tragique d’un pêcheur qui subit l’hostilité des habitants de la communauté de Borrough. En juin 1945, Britten réalisa une suite orchestrale à partir de plusieurs interludes de l’opéra.

Les quatre Interludes marins s’ouvrent sur la pièce Dawn (l’Aube). Elle emprunte son matériau au prologue et au premier acte de l’opéra. L’écriture s’inspire des couleurs clair-obscur d’un paysage des côtes anglaises. Aux sons filés des aigus des pupitres des cordes répondent les vents. L’atmosphère étrange paraît à la fois charmeuse et inquiétante. Cette mélodie lento et tranquillo suggère l’influence de quelque page de Jean Sibelius (1865-1957).

Le second interlude, Sunday Morning (Dimanche matin) s’ouvre dans une tout autre ambiance. Les rythmes syncopés de ce prélude extrait de l’acte II éclairent une scène animée. L’insouciance populaire (toccata des bois) se joint aux tintements des cloches (quatre cors) qui symbolisent l’appel des fidèles pour l’office religieux (cordes graves).

Moonlight (Clair de lune) est un andante comodo e rubato. Le prélude de l’acte III annonce pour le personnage principal, Peter Grimes, de sombres présages. La flûte, la harpe et le xylophone sont les seuls solistes “mobiles” et lyriques de cette page statique dans laquelle le rythme peine à se déployer.

Le dernier interlude explose dans la fureur des éléments. Storm (La Tempête) presto con fuoco se situe entre les deux scènes du premier acte. Grimes exprime son désespoir et sa quête vaine de la paix. La violence dont est capable le personnage est exploitée par la puissance d’un orchestre combatif. Il met en scène des vents puissants (cordes) et une mer démontée (cuivres). C’est un poème symphonique dans lequel les éléments marins sont eux-mêmes des personnages à part entière.

 

A LIRE

« Benjamin  Britten ou l’impossible quiétude » par Xavier de Gaulle (ed. Actes Sud, 1996).