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Symphonie australe (création mondiale)

(1974 - )

Lauréat de la résidence de création L’Atelier des Ailleurs, Julien Gauthier a vécu une formidable expérience artistique. En 2016, durant cinq mois, sur la base scientifique de Port-aux-Français, sur l’archipel des Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises, il a été au contact d’une nature extraordinaire et a partagé la vie d’une petite communauté de quelques dizaines de résidents temporaires. C’est dans cet univers, au bout du Monde, qu’est née la Symphonie australe.

Le compositeur, actuellement en résidence à l’Orchestre Symphonique de Bretagne, nous propose quelques pistes de réflexion au sujet de son œuvre.

Comment est née l’idée de la Symphonie Australe ?

En revenant des Terres australes, j’ai d’abord réalisé un disque composé à partir des dizaines d’heures de sons que j’avais enregistrés sur place : ceux des mammifères et des oiseaux marins, du vent ainsi que ceux issus de l’activité humaine de ces terres isolées. Cet album, Inaudita Symphonia, m’a aussi fourni un premier matériau brut pour la composition symphonique. En effet, même si je ne souhaitais pas intégrer des bruits de la nature dans une musique instrumentale, ni chercher à les imiter, ce sont pourtant bien des timbres, des rythmes et des éléments mélodiques destinés à l’orchestre qui ont été nourris par ce travail de collecte. A ces éléments se sont superposés mes impressions personnelles recueillies au fil des rencontres avec mes compagnons (essentiellement des scientifiques et militaires) présents avec moi à Kerguelen, qui ont d’ailleurs inspiré le titre de l’œuvre qui allait naître. En effet, on me parlait souvent là-bas de ma future « symphonie », non pas forcément en référence à la forme classique de celle-ci, mais plutôt par rapport à l’imaginaire que représente ce mot. Il m’a semblé alors, à mon retour, que c’était le titre qui s’imposait naturellement !

Comment avez-vous conçu la structure de la symphonie ? 

Elle se déroule en cinq mouvements, alternant des plages plutôt calmes à d’autres plus agitées ou chaotiques. Si la musique est parfois descriptive, avec notamment certains motifs revenant à plusieurs reprises, ou si elle évoque des épisodes très variés et reliés à des moments que j’ai vécu, je n’ai pas souhaité donner de titres aux différentes séquences, afin de laisser une liberté d’écoute à chacun.

L’élément vidéo – plutôt des plans fixes – qui a été ajouté pour la création, n’est pas obligatoire pour écouter la symphonie et d’ailleurs, le mouvement central ne bénéficie pas d’images.

L’orchestration que j’ai choisie pour cette pièce, qui dure une vingtaine de minutes est celle d’une formation plutôt classique, avec les cuivres et bois par deux auxquels se rajoutent un trombone, un tuba, une harpe, des timbales et une série de percussions.

A voir

www.juliengauthier.com