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Le tombeau de Ropartz

(1929 - )

Né à Rennes et naturalisé canadien, le compositeur Pierick Houdy étudia auprès de Nadia Boulanger, Maurice Duruflé, Olivier Messiaen et Darius Milhaud. Second Prix de Rome et Grand Prix de la Ville de Paris, il mena une carrière d’enseignant et de directeur de Conservatoire, à Tours puis fut maître de chapelle à l’église Saint-Séverin, à Paris ainsi que chef de chœur de la Maîtrise d’Enfants de Radio France. Dans les années 70, il s’installa au Québec où il enseigna la composition. De retour en France, en 1992, il poursuivit une carrière de professeur à Quimper et Brest. Le catalogue du compositeur est particulièrement vaste.

Commande de l’Orchestre symphonique de Bretagne, le Tombeau de Ropartz a été créé le 5 décembre, à l’Opéra de Rennes. Pour l’occasion, l’orchestre fut dirigé par Kirill Karabits.

Pierick Houdy nous propose quelques pistes d’écoute.

Vous avez collaboré à plusieurs reprises avec l’Orchestre symphonique de Bretagne…

En effet. Quand je suis revenu du Canada, j’ai composé un Concerto pour harpe et orchestre à l’intention d’Isabelle Perrin. L’Orchestre symphonique de Bretagne a assuré la création de la pièce, qui a connu, par la suite, une belle notoriété notamment aux Etats-Unis. Je travaillais aussi à mon opéra Anne de Bretagne, créé en 2001. Plusieurs pièces ont été données par l’Orchestre. J’ai eu l’idée de composer une œuvre en hommage à Guy Ropartz (1864-1955).

Avez-vous rencontré Guy Ropartz ?

Je me rappelle une anecdote. Alors que je prenais un cours de piano, mon professeur alla ouvrir la porte. C’était Ropartz qui lui rendait visite et se plaignait fortement du fait que ses soutiens voulaient le présenter à l’Institut alors qu’il n’y voyait qu’une réunion de “vieilles barbes” ! Le personnage m’intéressait. Son œuvre avec celles de Paul Le Flem, Jean Cras représente de la grande musique ! J’ai été l’un des premiers pianistes à enregistrer les mélodies de Ropartz avec le ténor Paul Derenne.

Quelle est la structure de la partition “Le Tombeau de Ropartz” ?

La partition repose sur des danses et elle s’organise en quatre mouvements : Gavotte, Passepied, Gwerz et Dérobée de Guingamp. Ils sont irrigués par des gammes bretonnes. Il ne s’agit pas d’une musique bretonne, mais d’une pièce dans le style breton. Aujourd’hui, la plupart des formations ajoutent des saxophones, des trompettes, entre autres. Autant d’instruments qui n’ont rien à voir avec l’histoire musicale de cette culture.

Comment définiriez-vous l’esthétique de votre musique ?

Mon écriture est plutôt “solitaire” et ma musique est typiquement française. C’est-à-dire qu’elle joue beaucoup sur les frottements harmoniques, les dissonances, les attirances contrariées de notes. Cela étant, je me méfie beaucoup du mot “esthétique”. Quand je compose, je ne cherche pas à faire du “beau” ou à exprimer un quelconque sentiment. Je suis devant des notes de musique qui doivent s’harmoniser entre elles le mieux possible. Mon but est de composer une musique qui ne soit pas sentimentale car elle doit se suffire à elle-même, et recouvrir tous les sentiments humains. Une symphonie de Mozart, une sonate de Beethoven, le Sacre du printemps ne “racontent” rien.