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Sérénade en ré majeur n°9 « Posthorn » K.320

(1756 - 1791)

A lire : « Mozart, chemins et chants » par André Tubeuf (ed. Actes Sud / Classica, 2005).

Peu d’informations nous sont parvenues quant aux circonstances de la composition de la Sérénade Posthorn dont la durée, les proportions et l’instrumentation tiennent davantage de la symphonie que de la sérénade. L’œuvre peut ainsi être jouée en extérieur ou bien dans une salle et les mouvements qui n’ont d’autre ambition que de plaire. Cette œuvre est aussi une musique fonctionnelle.
La seule certitude que l’on ait concernant la Sérénade est sa date de création : le 3 août 1779, à Salzbourg.
Sept mouvements irriguent la partition : Adagio maestoso. Allegro con spirito (1), Menuetto. Allegretto (2), Concertante. Andante grazioso (3), Rondo. Allegro ma non troppo (4), Andantino (5), Menuetto. Trio I & II (6) et Finale. Presto (7).
Dès les premières mesures de l’Adagio maestoso, l’auditeur est surpris par la solennité et la puissance de l’orchestre. La complexité de l’écriture et la puissance suggérée explosent dans l’Allegro con spirito. L’humour du premier Menuet ferait songer à quelque partition de Haydn. La Concertante avec son Andante grazioso apparaît comme un hommage aux instruments à vent et à l’esprit de la sérénade. Le Rondo aurait-il définitivement quitté l’esprit de la symphonie ? Il s’agit, en effet, d’une pièce aimable, au charme galant et qui dissimule sa complexité polyphonique. L’Andantino rompt brutalement les climats. Nous voici à nouveau dans l’esprit de la symphonie, mais cette fois-ci, d’une allure et d’une gravité presque beethovénienne. Comment ne pas songer au mouvement lent de la Symphonie « Héroïque » composée un quart de siècle plus tard ?
C’est dans le Menuetto et plus précisément dans le second Trio qu’apparaît le fameux cor de postillon – Posthorn – qui donna le titre à la partition. Comme son nom l’indique, l’instrument était utilisé pour annoncer l’arrivée du courrier ou d’une diligence dans les relais de poste. Son emploi dans une œuvre aussi solennelle dérouta, on s’en doute, le public. L’effet produit étonne encore, tant la trivialité, ici, d’un tel instrument choque. Peut-on affirmer que dans cette provocation, Mozart pressente les essais sonoristes des premiers compositeurs romantiques ? Le finale, un Presto jubilatoire pose déjà les jalons de l’ultime Symphonie « Jupiter » du compositeur.