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Il Matrimonio segreto (Le Mariage secret), ouverture

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Issu d’une famille napolitaine pauvre, Domenico Cimarosa reçoit une éducation musicale dans une école religieuse, puis au conservatoire de Santa Maria di Loreto de Naples, avant d’achever sa formation auprès du castrat Giuseppe Aprile.

À 23 ans, il compose Le Stravaganze del Conte dont la première représentation a lieu en 1772 au Teatro dei Fiorentini de Naples. La renommée du jeune compositeur se répand dans toute l’Italie. À Rome, puis à Florence, il compose de nombreux opéras comiques ou seria, mais aussi des œuvres religieuses. À cela s’ajoutent des dizaines de sonates pour le clavecin. Le succès grandissant, Cimarosa est sollicité par plusieurs cours en Europe. À la fin des années 1780, il reste plusieurs années à la cour de la tsarine Catherine II. Il obtient la nationalité russe et autrichienne.

Devant l’empereur Leopold II d’Autriche, il présente son opéra Il Matrimonio segreto, le 7 janvier 1792, au Burgtheater de Vienne. L’ouvrage qui est considéré comme son chef-d’œuvre recueille un tel succès que l’empereur exige qu’il soit rejoué intégralement le même jour ! Par la suite, pas moins de cent dix représentations seront données uniquement à Naples ! Jusqu’aux triomphes de Rossini, aucun autre compositeur italien n’obtiendra de tels succès à la scène.

Républicain et partisan de l’unité italienne un demi-siècle avant Verdi, Cimarosa a fort à faire face à ses concurrents qui soutiennent le pouvoir en place. L’un de ses rivaux les plus acharnés est Paisiello. Banni de son pays, Cimarosa meurt à Venise avant d’avoir pu retourner en Russie.

Il matrimonio segreto est un dramma giocoso basé sur la comédie The clandestine Marriage de George Colman et David Garrick. Le livret des plus réussis est de Giovanni Bertati, successeur de Da Ponte à la cour de Vienne. Opéra-bouffe par excellence, l’ouvrage témoigne d’une brillante invention mélodique et d’une orchestration des plus efficaces. L’histoire est simple : Carolina et Paolino se sont mariés en secret sur un coup de foudre. Avec les portraits truculents des personnages qui entourent le couple (un père avide, un prétendant de Carolina, une amoureuse de Paolino, des ambitieux, etc.), tout semble réuni pour que l’intrigue multiplie les quiproquos. Le dénouement sera heureux.

L’écriture de l’ouverture témoigne de la vivacité de l’action à venir. L’inspiration est encore étonnamment mozartienne avec juste ce qu’il faut de charme et de caractère incisif. Les vents ponctuent un rythme énergique et une action que l’on devine pleine d’espièglerie.