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Symphonie n° 41 en Ut majeur

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La 41ème est la dernière des symphonies composées par Mozart qui, si l’on tient compte de ses symphonies dites «de jeunesse» (mais la première «officielle», K 16, fut écrite alors qu’il n’avait que huit ans !), en laissa en réalité environ cinquante-cinq. Mozart, comme il le fit pour le concerto pour piano, magnifia le genre sans pour autant bouleverser une conception héritée des compositeurs viennois, notamment Joseph Haydn, lequel commença de s’intéresser à la symphonie au moment où Mozart voyait le jour.

La Symphonie «Jupiter» fut achevée le 10 août 1788. Elle clôt avec brio la trilogie finale des symphonies de Mozart, mise au point en huit semaines au cours de ce même été, sans qu’on sache avec précision quand ces trois partitions furent jouées pour la première fois. Elle ne fait aucunement référence aux dieux de l’Olympe (aucun programme, aucun argument littéraire ne vient accompagner la partition) mais fut baptisée « Jupiter » par le violoniste et organisateur londonien de concerts Johann Peter Salomon au début du XIXème siècle.

Il est vrai que cette symphonie convient parfaitement à tous ceux qui, rétrospectivement, ont vu dans le Mozart des dernières années un génie visionnaire annonçant le grand Beethoven. Héros malgré lui, Mozart est aux prises, à cette époque, à des difficultés croissantes, à des «idées noires» et à des difficultés financières qui le poussent à emprunter de l’argent à son frère de loge maçonnique, Michael Puchberg. Sa fille Theresia meurt, âgée de moins d’un an, au mois de juin : les années sombres commencent.

La Symphonie «Jupiter», largement développée et d’un magistral équilibre par ses proportions, est aussi une œuvre de victoire par ses accents héroïques. Elle oppose volontiers les vents aux cordes mais, contrairement à la 39ème n’utilise pas la clarinette (une partie de clarinette de la 40ème fut quant à elle ajoutée après coup).

La vigueur du premier mouvement contraste vivement avec l’intimité du mouvement lent qui impose les sourdines aux instruments à cordes, qu’il fait dialoguer avec les bois dans une atmosphère d’une tendresse extrême. Le menuet qui suit, plein d’allant, fait figure d’intermède avant le superbe finale, mouvement de forme sonate traité en fugato qui s’achève dans l’éclat.