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Symphonie n°6 en fa majeur op.68 dite “Pastorale”

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Les premières ébauches de la Symphonie remontent à l’année 1803. Mais, c’est à partir de 1807 que Beethoven se mit à travailler simultanément sur les Cinquième et Sixième symphonies. D’ailleurs, lors de la création, la Symphonie Pastorale fut présentée comme étant la Cinquième ! Les deux symphonies témoignent à l’évidence de liens étroits entre elles : unité thématique, simplicité du matériau, scherzo en cinq parties…

La Pastorale surprend l’auditeur en raison de son aspect “classique” et plus précisément baroque car les représentations musicales de la Nature étaient l’un des sujets les plus souvent abordés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Cela étant, il ne faut pas imaginer que Beethoven ait imité les bruits de la Nature. Le compositeur précisa sur la partition : « Symphonie Pastorale ou souvenir de la vie champêtre. Plutôt expression de la sensibilité que peinture ».

Le premier mouvement, Allegro ma non troppo s’intitule Eveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne. Il est le souvenir d’une existence bucolique et des promenades que faisait alors Beethoven dans la campagne viennoise. Les cordes ponctuent la fluidité du mouvement. Les deux thèmes n’engendrent aucune tension.

Le second mouvement, Andante molto mosso (Scène au bord du ruisseau) n’imite pas le bruit du ruisseau mais, plus exactement, la représentation artistique de l’on s’en fait. Deux violoncelles énoncent le thème qui se déploie en une ligne mélodique continue. L’ensemble des pupitres de la petite harmonie s’insinue dans cet espace.

La paix et l’harmonie règnent dans le troisième mouvement, Allegro (Réunion joyeuse de paysans). Ce scherzo au tapage bucolique et au basson qui feint avec humour la somnolence, nous rappelle quelque toile de Bruegel. Cinq parties le composent, prenant pour matériau rythmique des ländler allemands, mais rendant aussi hommage aux musiques de scène du Don Juan de Mozart. Beethoven y parodie les danses villageoises.

L’Allegro (Orage, Tempête) innove dans l’histoire de la musique. Aucune forme ne correspond alors à ce chaos dont Beethoven s’ingénie à multiplier les dissonances, les roulements de timbales, les tremolos de cordes. L’accalmie en ut majeur intervient, le chant du hautbois dissipant… les nuages.

C’est la flûte piccolo qui introduit le finale, Allegretto (Chant pastoral, sentiments de joie et de reconnaissance après l’orage). Il est tout aussi novateur que l’Allegro car il fait appel à plusieurs formes musicales combinées entre elles : le rondo, la sonate et la variation. Une simple mélodie populaire sert de trame à cette danse collective qui réunit tout l’orchestre dans une communion sonore et fraternelle. Après l’orage et la tempête qui n’étaient que “désordre”, voici venu le temps de la consonance et de l’harmonie universelle.