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Symphonie en sol majeur n°8 Hob I :8 “Le Soir”

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L’écriture orchestrale de Haydn apparaît profondément viennoise, c’est-à-dire composée d’un savant mélange de timbres et de rythmes puisés dans les pays du Danube, mais aussi de rigueur allemande et de couleurs italiennes.

Les premières symphonies de Haydn furent composées alors qu’il était directeur de la musique à la cour du comte Ferdinand Maximiliam Franz Morzin. Dans les années 1750-1760, le petit orchestre l’accompagnait entre ses résidences à Vienne et en Bohème.

Les premières symphonies composées à Esterhaza glissent imperceptiblement de l’univers baroque à l’esthétique classique. Elles composent une trilogie réalisée dans les années 1760 et 1763.

L’Orchestre symphonique de Bretagne a interprété la première de ces symphonies, “le Matin” (n°6), la seconde étant “le midi” (n°7). Les trois opus sont proches de l’esprit du concerto grosso. Le prince Anton Esterhazy aurait été le commanditaire de ces partitions. Elles jouent des heures du jour, à la manière de pastorales au point que le finale de la Symphonie en sol majeur “le soir” se nomme La Tempesta. Haydn s’inspira de la lecture des partitions de Vivaldi (La Tempesta del Mare) détenues dans la très riche partothèque du prince Esterhazy.

L’Allegro molto qui ouvre la symphonie cite explicitement un air populaire ( « Je n’aimais pas beaucoup le tabac ») de l’opéra comique le Diable à quatre de Gluck. La flûte joue un rôle éminent, quasi-concertant et d’une grande habileté technique.

L’Andante, pièce chambriste, est de style italien. Ce mouvement semble appartenir à un quatuor à cordes tant l’intimité chaleureuse y est prenante.

L’élégance du Menuetto suivi de son Trio évoque une danse noble avec ses couleurs pastorales et bien contrastées dans les vents. Par opposition, le Trio met en valeur la contrebasse.

Le finale, Presto sous-titré La Tempesta joue à la fois de la finesse des notes pointées, des trémolos, des contrastes dynamiques, de tout l’éventail des surprises sonores dont Haydn était déjà friand. L’auditeur ne peut deviner le cheminement des mélodies et des rythmes sans cesse contrariés. De la pure virtuosité !